Séniors 3, défaite contre NBAO

Silence, on creuse… 
  
Ce soir, notre équipe 3 vient de probablement fournir sa pire prestation depuis deux saisons, voire même plus. Ce soir, ce n’est pas qu’un match que nous avons perdu. C’est aussi notre honneur, notre fierté, nos ambitions… Et tout cela, en plus de notre basket, évidemment. 
  
Rendons hommage à cette équipe de Nice Ouest, qui s’est déplacée à 5, qui a joué avec ses valeurs, ses convictions, qui s’est accrochée, et avec une abnégation remarquable, s’est imposée dans les dernières minutes, après avoir joué tout le dernier quart temps à 4 contre 5. 
Oui, à 4 contre 5. C’est dire l’ampleur de la déroute du côté monégasque, incapable de remporter cette rencontre alors que tous les signaux étaient au vert pour gagner une première victoire en championnat cette saison. 
Au premier regard, nous pouvions soulever un certain avantage. Par la taille, par la puissance, avec Dédé, Freddo et Romain, nous devions régner en maitre sur la raquette. Ensuite, ils ne sont venus qu’à 5, alors que nous étions au complet. Plus de rotation, plus de fraicheur face à une équipe à bloc tout le match, nous pensions pouvoir prendre l’ascendant au fur et à mesure de la rencontre. Sauf qu’au niveau de la condition physique, de l’envie et de l’abnégation ils étaient nettement au-dessus de nous. 
Cependant, fort de cet «avantage» sur le papier, nous sommes entrés sur le terrain comme si nous avions déjà gagné le match. Le premier point sera pour nous. Les 10 suivants seront pour eux, notamment avec des trois points assassins suite à des rebonds offensifs. Des deuxièmes ballons que nous leur avons fait cadeau, alors que la consigne en début de match était de verrouiller le rebond. 
Grace à Dédé, qui s’était enfin décidé à aller dans la peinture au lieu de rester moisir à trois points, nous recollons au score assez rapidement, pour finir à -1 à la fin du premier quart temps.(score : 14-15) 
Le second sera du même acabit. Ils jouent avec leurs tripes, nous on joue à l’envers au ralenti. La balle circule bien, nous n’en perdons que très peu, mais c’est sans danger pour un adversaire bien en place. Et comme en défense, c’est un peu portes ouvertes, nos adversaires n’ont pas grand mal à enquiller les paniers. Quelques bonnes séquences nous permettent néanmoins de garder le contact, et nous clôturons la mi-temps à -4. (score : 26-30) 
Le troisième quart temps sera meilleur. Nous recollons au score, puis nous passons légèrement la tête devant. Un bel effort défensif collectif nous permet de limiter l’adversaire, puis le retour à certaines bases offensives nous permettent d’obtenir de bons shoots à 3 points, qui primés, nous font basculer dans le bon sens. Malheureusement, ce sera l’arbre qui va cacher la forêt, car sans cette réussite à trois points, nous ne serions probablement jamais passés devant. (score : 45-42) 
Au début du money time, leur n°6 prend sa cinquième faute, et c’est en tant que groupie-coach qu’il finira le reste de la partie. Nous étions encore devant, il n’y avait pas le feu. Mais au lieu de jouer tranquillement, de continuer à poser les bases, et de les fatiguer pour avoir des shoots faciles, nous nous sommes mis en mode « run and gun », malheureusement sans le run, et avec une pétoire mouillée en guise d’arme. Tout à l’énergie, alors que nous étions passés en défense individuelle pour justement leur couper l’alimentation, notre adversaire va recoller au score, puis nous passer devant et tenir jusqu’au bout. L’intensité monte de plusieurs degrés dans les derniers instants, bien aidé par un arbitre complètement dépassé, dont les coups de sifflet (deux techniques et une antisportive), et surtout les non-coups de sifflets, vont pencher largement en faveur de ceux qui sont en infériorité numérique. 
Mais si cela n’a pas aidé, il n’est en aucun cas responsable de notre humiliante défaite, car nous nous sommes tirés nous même une balle dans le pied, non sans avoir passé une corde autour du coup avec un nœud bien serré. (score final : 60-67) 
  
Ce soir, tout a été fait en dépit du bon sens, tout a été fait à l’envers. En début de match, alors qu’il fallait agresser cette équipe pour l’user de fautes, et obtenir des paniers faciles, nous sommes restés en périphérie, faisant circuler la balle avec une lenteur de ministre, sans créer quoi que ce soit. Bien aidé par un Dédé, planté de façon inexplicable derrière la ligne à trois points, qui s’est pris pour Ray Allen alors que sa taille et sa masse surdimensionnée en aurait fait à coup sur le roi de la raquette. Quand ça rentrait, c’était bon. Mais quand ça ne rentrait pas, c’était un cadeau à l’adversaire, puisqu’il n’était pas au rebond. Et pourtant, les rares tentatives de pénétrations ( Mathieu, Guillaume et Dédé) étaient couronnées de succès. 
Puis, alors qu’ils étaient passés à 4 par la force des fautes, nous avons là encore fait tout à l’envers. Au lieu de faire tourner, de manger un peu le chrono (nous étions devant), de prendre notre temps en attendant de trouver la position idoine (qui ne manquerai pas de survenir, puisqu’à un de plus), nous nous sommes mis à dribbler, ne construisant plus rien (enfin, encore moins que le degré 0 que nous proposions avant), perdant des ballons bêtement, offrant encore des cadeaux à un adversaire qui n’en demandait pas tant.   
  
Mais cette bouillie de basket n’est pas due à un manque de jeu, ou de technique de notre équipe. Enfin, si, un peu, mais à un ou deux éléments prêt, c’est le même groupe qui a fini second l’an dernier, passant à une victoire de la montée. 
Le problème, il est surtout, dans la tête et dans le cœur. Aucune fierté, aucun amour propre, une suffisance évidente et un manque de concentration total qui frise le manque de respect, tant pour l’adversaire, que pour le coach, dont les consignes sont restées lettres mortes. 
  
Malgré tout cela, la leçon (qui est grosso modo la même que lors de notre premier match à domicile) est simple. Elle réside en deux mots. 
Travail et humilité. 
Voilà les deux seuls mots que l’on doit retenir ce soir. Travail, et humilité. 
Travail, parce que sans, on n’arrivera à rien. 
Travail, parce que l’on ne remontera pas la pente en se reluquant le nombril, ou en reniflant le fondement du coéquipier. 
Travail, parce c’est la base, et la seule vérité qui existe, dans n’importe quel sport. 
Michael Jordan était un bourreau de travail. Kobe Bryant est un bourreau de travail. Lebron James se fait des overdoses d’entrainement. 
Loin de moi l’idée de comparer nos joueurs de départementale à ces génies de notre sport. Mais il n’y a qu’en s’inspirant des meilleurs que l’on devient meilleur. 
Mais pour que le travail soit productif, il faut que l’on redevienne humble, que l’on arrête de se prendre pour ce que l’on n’est pas. Que l’on arrête de penser à son propre nombril, afin de se mettre au service du coach et de l’équipe. 
Humilité, afin de ne pas commencer les matchs en marchant, comme si on avait déjà gagné. 
Humilité, afin de rester concentré sur chaque possession, même quand l’adversaire est réduit à quatre. 
Humilité, afin de se battre sur tous les ballons, notamment au rebond où on se fait trop souvent marcher dessus. 
Humilité, pour enfin ouvrir les yeux, et apprendre de nos erreurs, au lieu de rejeter la faute sur l’arbitre, l’entraineur, l’adversaire ou le sens du vent. 
  
Travail et humilité. Certains en sont capables. D’autres peut être moins. En espérant que ceux qui reviennent aux bases et aux valeurs du basket et du sport tirerons l’équipe vers le haut. Sinon, la saison va être bien longue au pied de l’Eglise St Charles…

Written by