Seniors3 garçons: Saint-Laurent 58 – Monaco 62: les (ren)contres de la crypte

C’est dans la soirée de mardi que notre équipe 3 s’est déplacée dans l’antre du dernier de notre championnat, Saint-Laurent. Un match aux allures de promenade de santé qui s’est rapidement transformé en vieux film de série B, rayon film d’horreur. De nuit, la salle de nos hôtes avait des allures de crypte, savant mélange entre un roman de Bram Stoker et le premier jeu Castlevania de Nintendo. Le sol en bitume semblait comme hérissé de pieux pour le pauvre quidam qui se serait jeté sur un ballon. Les lignes de touche et les panneaux jouaient avec la lumière tamisée, et semblaient danser comme le diable au clair de lune, changeant les perceptions chaque minute.
Alors que le loup-garou siffla le début du match, une seule question taraudait nos joueurs : comment une salle dans cet état peut-elle encore être homologuée ?
Le match commence difficilement, nous n’arrivons pas à nous familiariser avec le côté lugubre des lieux. Symbole de cette frilosité ambiante, notre défense de zone, pourtant un de nos points forts, laisse à désirer. En face, ils jouent tels des morts vivants sentant la viande fraiche, avec une défense à la limite du correct, le tout sous la bénédiction de l’arbitre, qui vraisemblablement, ne fait ni partie de la lignée des Van Helsing ni de la troupe de Buffy. Nous n’arrivons pas à faire la différence, l’arbitre ayant décidé de laisser plus que jouer, ne siffle que rarement des fautes plus que flagrantes. À la fin du quart temps nous sommes devant. (11-13).
Le second quart commence comme le premier a fini, Joce se bat comme un lion pour mettre le panier du match sur un « revers de la main – claquette » le tout arrosé d’un peu d’eau bénite. Nous commençons enfin à jouer convenablement quand nos adversaires du soir trouvent la mire à longue distance par trois fois pour recoller au score, en cause un relâchement défensif sur leurs extérieurs.
À la mi-temps nous sommes toujours devant, mais le souffle rauque de leur haleine senteur putréfaction nous démange sérieusement la nuque. (26-29)
À la mi-temps, alors que nous nous échauffions, une porte se mit à grincer de façon sordide. Tout le monde s’est retourné, pensant voir le fantôme de Michael Jackson venu nous faire un remake de « Thriller »
Souhaitant prendre le taureau par les cornes, et les loups-garous par les poils de la nuque, nous attaquons la seconde mi-temps par une défense individuelle. Cela nous permet de les limiter à longue distance. Malheureusement, la vitesse de leurs arrières nous met en fautes et leur offre trop de paniers faciles, tels des coups de canines sur la feuille de match. Dans un silence de cimetière, ils nous passent devant. Comme l’arbitre semble avoir confondu son sifflet avec un chapelet d’ail, aucune faute n’est sifflée, et il nous est très difficile de jouer sur notre valeur, à savoir notre fort secteur intérieur. La tension monte, les adversaires grognent, mais Romain sort les pieux et plante un tir primé qui nous permet de passer devant. À la fin du quart, tout reste possible, mais nous avons la truffe devant (41-45)
La fin du match sera comme une lente marche de zombies, pas très beau à voir, les deux équipes se rendent coup pour coup, mais le talent et l’expérience des rouges et blancs va permettre de conserver le maigre avantage acquis lors du précédent quart-temps. Score final 58-62.
Ce match ne restera vraisemblablement que dans les anales des contes de la crypte. L’ambiance, l’arbitrage, l’adversaire, rien n’a permis de développer un semblant de basket. Mais au final, seule la victoire compte, et nous permet de croire encore à cette seconde place tant convoitée.

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